La carte scolaire

mardi 9 janvier 2007
par  administrateur
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Mise en place en 1963, elle a pour but de favoriser la mixité sociale et contraindre les familles à scolariser leurs enfants dans le quartier là où elles vivent. Selon la FCPE, l’assouplir est une mesure électoraliste pour faire plaisir aux parents qui dérogent car actuellement la règle républicaine est loin d’être respectée. En fait, la carte scolaire ne s’applique qu’aux classes populaires qui n’ont d’autre choix que leur école , collège ou lycée de quartier, n’ayant pas les moyens d’inscrire leurs mômes dans le privé comme ne manquent pas de le faire les classes privilégiées. Celles-ci d’ailleurs ont toutes les chances dans les villes moyennes, de dépendre de collèges « centre ville ».

Contrairement à ce que nous proposent Sarkosy et Ségolène Royal qui veulent respectivement la supprimer ou l’assouplir, il faut maintenir la carte scolaire, et faire en sorte que dans tous les établissements publics puisse être dispensé un enseignement de qualité.

Comment faire ?

On pourrait par exemple, diversifier les enseignements. En concentrant dans certains établissements le soutien aux élèves en difficulté et dans d’autres des filières d’excellence, l’Education Nationale favorise la ségrégation recherchée par les classes supérieures. On aboutit ainsi à une quasi–privatisation du secteur public d’excellence.

On pourrait imaginer que toutes les options qui attirent les « bons élèves » ne seraient proposées que dans les quartiers populaires, les parents qui , dans ce contexte, souhaiteraient fuir vers le secteur privé devraient en assumer le coût , si au préalable on a coupé les vivres publiques au privé.

Enfin, il faudra bien un jour s’attaquer à un sujet qui fâche : la suppression des fonds publics aux établissements privés et leur redistribution aux établissements des quartiers populaires, il est prouvé en effet, que les élèves scolarisés dans les établissements privés sont majoritairement des enfants de chefs d’entreprise (50% des chefs d’entreprise scolarisent leurs enfants dans le secteur privé) de cadres, d’agriculteurs et de certaines professions libérales. Ces gens là peuvent bien financer totalement sans que l’Etat leur viennent indirectement en aide en payant les profs de ces établissements !

La question scolaire sera un thème de campagne et l’un des enjeux de 2007, c’est bien pour cela que les élites disent le tout et son contraire sur l’éducation : hier il fallait renoncer au collège unique car l’hétérogénéité des classes étaient ingérable, nous, enseignants en Lp on pourrait dire avec nos collègues de Zep que c’est plutôt l’homogénéité de classes ne regroupant que de élèves en difficulté sociale et scolaire qui pose problème. Depuis la rentrée, les très bons élèves des collèges « ambition réussite » pourront choisir leur lycée, c’est une forme de discrimination positive, pourquoi pas ? Mais l’effet pervers c’est que les lycées des quartiers verront sans doute s’en aller leurs bons élèves, reléguant du coup .ceux qui restent dans des établissements encore plus stigmatisés.

Il est illusoire de croire que les problèmes de l’Education Nationale se résument à la carte scolaire, ils sont liés bien souvent à la misère et à la violence sociales. Curieusement, les élites en lice à la présidentielle, sont plus discrets sur les ravages que va causer la réduction des moyens des établissements de ZEP dans les quartiers populaires.

Marie-anne Clément
LP Augustin Thierry , BLois


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